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JO 1964 : Bienvenue au football !


La délégation marocaine


Aux Jeux Olympiques de Tokyo, le Maroc revoit ses prétentions à la baisse comparativement à l’édition précédente. Echaudés par les résultats en demi-teinte réalisés aux Jeux Méditerranéens de Naples (1963), les responsables marocains décident en effet de réduite la voilure en n’inscrivant nos athlètes que dans trois disciplines : athlétisme, haltérophilie et boxe.

S’ajoute également le football, l’équipe nationale marocaine ayant décroché son ticket pour le rendez-vous olympique avec brio, après avoir éliminé coup sur coup le Nigéria, au terme d’une rencontre barrage jouée à Dakar (2-1) et l’Ethiopie, championne d’Afrique en 1962.

Le onze marocain n’est pas épargné par le tirage au sort et doit affronter deux grandes nations de football : la Hongrie, demi-finaliste au championnat d’Europe des Nations quelques mois plus tôt, mais également la Yougoslavie.

L’entraîneur marocain, Mohamed Masson, bâtit une équipe solide, dont l’ossature est composée de joueurs de FAR (Allal, Mokhtatif, Ammar, Lammari et Bamous), l’équipe en vogue du moment avec quatre titres consécutifs de champion du Maroc (1960 à 1964).

L’équipe nationale fait le dur apprentissage du très haut niveau et succombe aux coups de boutoir de l’attaquant hongrois Ferenc Bene, qui trompe le gardien de but Allal à six reprises. Les Marocains ne savent pas encore qu’ils ont eu le privilège d’affronter le futur champion olympique !

Deux jours plus tard, les nationaux s’inclinent face à la Yougoslavie, où se distinguent deux futures stars du football européen, le gardien de but Curkovic et l’attaquant Djazic. Défaits sur le score de trois buts à un, les coéquipiers d’Allal quittent la compétition en prenant conscience du chemin qu’il leur reste à parcourir pour pouvoir tenir tête aux grandes nations du football mondial. 


Ils ont marqué ces JO 


Bouchaib Maâchi, « la flèche marocaine »…

L’enfant d’Azemmour est un cas atypique. Le Maroc a en effet de tout temps été une terre d’athlétisme mais rarement dans les épreuves de sprint. 

Bouchaib Maâchi peut donc être considéré comme un précurseur, au même titre qu’un certain Lazar Benaccoun, médaillé de bronze sur 100 mètres aux Jeux Méditerranéens de Naples (1963).

Le sprinter marocain est la star incontestée des Jeux Panarabes organisés à Casablanca (1961) en remportant le doublé 100m-200m. Bouchaib Maachi se fait progressivement un nom à l’échelle internationale et fait jeu égal avec les sprinters mondiaux.

Mieux encore, il remporte l’épreuve du 100 mètres au meeting international de Monaco, quelques semaines seulement avant les Jeux de Tokyo, prenant notamment le dessus sur l’icône française Roger Bambuck, en réalisant le temps de 10’4’’. Un exploit retentissant qui place le Marocain parmi les grands espoirs africains à Tokyo.

Eliminé au 2e tour du 100 mètres, le sprinter marocain brille dans les épreuves du 200 mètres. Et de se qualifier pour les demi-finales, réussissant ainsi à se hisser parmi les 16 meilleurs spécialistes mondiaux dans cette spécialité. Cette performance de premier choix vient récompenser la carrière d’un athlète qui aura été un exemple d’abnégation et de sérieux.


Ghazi Zaaraoui et Bakir Benaïssa : jusqu'au bout de l’effort…

Il était écrit que Bakir Benaïssa ne remporterait pas de médaille olympique. Et pourtant ! L’enfant de Rabat, crossman émérite, truste en effet les accessits lors des grandes compétitions internationales avec notamment une médaille d’or sur 10.000 mètres aux Jeux Panarabes (1957) mais également deux titres au marathon des Jeux Méditerranéens (1959 et 1963).

Bakir Benaïssa finit 12e au marathon des Jeux Olympiques de Tokyo, quatre ans après avoir terminé en 8e position à Rome. La longévité de cet athlète au caractère trempé est à prendre en exemple.  Elle le place parmi les plus grands champions qu’ait connus notre pays.

De son côté, Ghazi Zaaraoui est le digne représentant d’une longue lignée de champions issus de la ville de Taza. Neuvième de la finale du 3000 mètres steeple aux Jeux Olympiques de Tokyo, Zaaraoui aurait pu prétendre à une médaille olympique avec un minimum de préparation spécifique. Il est vrai que l’athlète marocain est avant tout un crossman chevronné. Sa victoire au cross des Nations organisé à l’hippodrome Souissi à Rabat (1966) sera la plus belle des consécrations pour un champion qui aura de tout temps été un coéquipier modèle.




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