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Jeux Olympiques 1960 : Les premiers pas


Aperçu général

C’est à Rome que sont organisés les XVIIe Jeux Olympiques d’été. Le Maroc frappe un grand coup en inscrivant ses sportifs dans dix disciplines : athlétisme, boxe, cyclisme, escrime, gymnastique, pentathlon moderne, voile, tir, haltérophilie et lutte gréco-romaine. Les arbitres sont également de la fête en la personne de Monsieur Cherkaoui dans les épreuves de lutte.

Fidèle à l’adage du Baron Pierre de Coubertin – « l’important, c’est de participer » - , la délégation marocaine veut avant tout faire honneur aux valeurs de l’Olympisme en donnant une belle image de sportivité de nos champions. 
 
Le cyclisme et l’athlétisme focalisent plus particulièrement l’attention du peuple marocain. Mohamed El Gourch, porté en triomphe après sa victoire au Tour du Maroc cycliste (1960) et Abdeslem Radi, champion du monde de cross country à Edimbourg (1960), sont en effet les deux icônes de la délégation marocaine, en compagnie de Bakir Benaïssa, vainqueur au marathon des Jeux Méditerranéens organisés à Beyrouth (1959).
 
Les autres représentants marocains profitent quant à eux de l’occasion qui leur est offerte pour se frotter à l’élite du sport mondial. L’escrimeur Abbas Harchi est ainsi l’unique Marocain qui remporte un duel face à un autre adversaire sur toute la durée de ces  Jeux Olympiques.


Sportifs marocains à l’honneur

Abdeslem Radi, le pionnier

Né le 28 février 1929, Abdeslem Radi est un athlète au destin exceptionnel. Soldat du 4e régiment de Tirailleurs Marocains basé en Alsace, le Marocain devient champion de France de cross country en 1960 avant de remporter le Cross des Nations quelques jours plus tard à Edimbourg. Il décide pour l’occasion d’opter pour les couleurs marocaines, bravant ainsi toutes les pressions dont il fait l’objet pour porter le maillot de l’équipe de France.

Samedi 10 septembre 1960 : le Marocain a rendez-vous avec l’Histoire. Deux jours plus tôt, il termine 14e de la finale du 10.000 mètres. En puisant de la sorte dans ses réserves, Abdeslem Radi hypothèque, sans le savoir, ses chances de sacre olympique au marathon.

En pleine nuit romaine, et dans le cadre féérique de la cité impériale, Radi oppose pourtant une farouche résistance aux velléités d’un illustre inconnu à l’époque, l’Ethiopien Abebe Bikila, « l’homme qui courait pieds nus ». Il ne cède face à son adversaire que dans les dernières encablures d’un marathon mythique.

Abdeslem Radi échoue à une trentaine de secondes d’Abebe Bikila mais n’en obtient pas moins une médaille d’argent historique, la première remportée par le Maroc aux Jeux Olympiques.
 

Le cyclisme marocain à l’honneur

Trois mois seulement après avoir remporté le tour du Maroc cycliste - une première dans l’histoire du pays -, Mohamed El Gourch participe aux Jeux Olympiques avec la ferme intention de prouver qu’il appartient au gotha du cyclisme international. Mais il n’est pas le seul ! Ses coéquipiers Gandoura Lacheb et Abdallah Lahoucine sont alignés dans l’épreuve individuelle et se frottent, eux-aussi, aux géants d’Europe de l’Est

Et dire que les cyclistes marocains sont à deux doigts de réaliser un exploit retentissant ! A une trentaine de kilomètres de l’arrivée, Gandoura Lacheb fait partie du premier groupe de 10 cyclistes pourchassant le duo de tête avec seulement 52 secondes de retard. Pour sa part, Mohammed El Gourch est dans les 25 premiers et ne pointe qu’à 45 secondes du groupe de poursuivants.

Les deux Marocains flanchent en fin de course mais n’en occupent pas moins une très honorable 45e et 46e place, à une minute du vainqueur et à 40 secondes seulement de la médaille de bronze. Ils sont passés tous près de l’exploit !

Les représentants du cyclisme marocain quittent la compétition la tête haute. Quatre ans plus tard, Mohamed El Gourch remporte le Tour du Maroc cycliste haut la main avant de rééditer le même exploit un an plus tard (1965). Du grand art !




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