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JO 2000 : La belle moisson


La délégation marocaine

Les XXVIIe Jeux Olympiques de l’ère moderne ont lieu à Sydney. La délégation marocaine y bat tous les records de participation avec pas moins de 54 sportifs engagés. Le canoë kayak et la natation s’invitent notamment à la fête olympique, une première pour le Royaume.

Un an plus tôt, les athlètes marocains réalisent la plus belle moisson jamais réalisée dans des championnats du monde d’athlétisme à l’air libre. Avec 5 médailles remportées (2 or, 2 argent et 1 bronze), le Maroc occupe la 5e place au classement général. Les nationaux sont donc attendus au tournant à Sydney. Ils réussissent finalement à empocher quatre médailles olympiques.

Hicham El Guerrouj, le double champion du monde du 1500 mètres, est le grandissime favori de la finale olympique. Trahi par une succession de petits pépins physiques, il remporte tout de même la seconde place derrière le Kenyan Noah Ngeny. Ironie l’Histoire, ce dernier avait servi de lièvre au Marocain dans la course mythique avais qui permis à El Guerrouj de battre le record du monde du 1500 mètres (Rome - 1998) en 3’26’’00. Brahim Lahlafi (3e sur 5000 mètres), Ali Ezzine (3e sur 3000 mètres steeple) et Nezha Bidouane (3e sur 400 mètres haies) ajoutent également leur nom à la liste des médaillés olympiques marocains.

L’heureuse surprise vient de la boxe, avec la médaille de bronze de Tahar Temsamani. Le noble art obtient ainsi son 3e accessit olympique après la saga des frères Achik.

D’autres sportifs marocains se distinguent. Il en va ainsi du tennisman Karim Alami, quart de finaliste à Sydney face au Suisse Roger Federer, après avoir éliminé coup sur coup l’Argentin Squillari, l’Italien Pozzi et le Français Santoro. Mais que dire également des taewondistes Younès Sekkat, 3e des championnats du monde en 1999, et Mounia Bourguig, vice-championne du monde en 1997, qui sont à deux doigts de remporter une médaille olympique.

La qualification des footballeurs marocains pour le tournoi final est en soit un bel exploit. La génération championne d’Afrique juniors en 1997 élimine notamment la Côte d’Ivoire de Kolo Touré et Bakary Koné, donnée grande favorite. A Sydney, les Marocains succombent aux prouesses du Chilien Ivan Zamorano, la star de l’Inter Milan, mais également à celles des Espagnols Puyol, Xavi et Capdevilla, champions du monde dix ans plus tard.


Ils ont marqué les Jeux

Nezha Bidouane, « la gazelle marocaine »

En cette année olympique, la championne marocaine est assoiffée de revanche. Frustrée par la décision des juges d’accorder la médaille d’or mondiale à la Cubaine Pernia (2001) alors que la photo finish semble prouver tout le contraire, Nezha Bidouane est obnubilée par une seule et même ambition, cette de conquérir une médaille à Sydney.

La tâche s’annonce difficile car la préparation de la Marocaine est perturbée à quelques jours des JO par des petits soucis de santé. Bidouane se méfie également de la Russe Irina Privolava, qui décide de se consacrer au 400 mètres haies pour échapper à l’écrasante domination de l’Américaine Marion Jones dans les épreuves de sprint.

Quoique diminuée physiquement, Nezha Bidouane redouble d’efforts pour être au rendez-vous le jour J. En ce 27 septembre 2000, la Marocaine est donc présente au couloir 4 dans une finale du 400 mètres haies qui s’annonce très ouverte.

C’est finalement la Russe Irina Privalova qui l’emporte haut la main en battant au passage son record personnel. La lutte pour les autres médailles est acharnée entre Nezha Bidouane mais également la Jamaïcaine Hemmings et la Cubaine Pernia. Nezha Bidouane va au bout d’elle-même et décroche la médaille de bronze olympique.

Elle devient ainsi la deuxième marocaine de l’Histoire à remporter un accessit olympique après Nawal El Moutawakel, dans une édition où la présence féminine n’a jamais été aussi dense avec pas moins de sept coureuses marocaines présentes.
 

Ali Ezzine, « le hurdler émérite »

Le 3000 mètres steeple est l’une des chasses gardées des coureurs kenyans, qui réussissent notamment à réaliser un triplé historique aux JO de Barcelone (1992). Les hommes des hauts plateaux aspirent à rééditer le même exploit en terre australienne mais ils se méfient des représentants marocains et notamment d’Ali Ezzine, médaillé de bronze aux championnats du monde de Séville (1999).

L’école marocaine du 3000 mètres steeple, incarnée par les Ghazi Zaaraoui (finaliste des JO 1964), Abdelaziz Sahere, Larbi El Khattabi, Hicham Bouaouiche, Brahim Boulami et bien d’autres, a rendez-vous avec l’Histoire à Sydney.

Ali Ezzine remporte en effet une médaille de bronze décrochée de haute lutte. Il relègue au passage Bernard Barmasai en 4e position et empêche les Kenyans de renouveler l’exploit de Barcelone. Un an plus tard, il devient même vice-champion du monde de la distance à Edmonton.





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