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JO 1972 : La femme marocaine entre en scène


La délégation marocaine

Grande première pour le Maroc ! Les athlètes Fatima El Faquir (100 mètres et 200 mètres) et Malika Hadqy (800 mètres) font en effet partie de la délégation qui participe aux Jeux Olympiques d’été organisés à Munich. La femme marocaine prend le train olympique en marche et va écrire, au fil des éditions, quelques-unes des plus belles pages de l’Histoire sportive du Royaume.

Cette XXe édition aurait dû être celle de la consécration pour le coureur de fond Haddou Jaddour, déjà présent en 1968 sur 1500 mètres. Le champion marocain se blesse à quelques jours du début des compétitions, ruinant ainsi ses rêves de sacre olympique.

La déception des amoureux d’athlétisme est atténuée par la belle prestation de Lahcen Sam-Sam Akka, finaliste du concours du poids, mais également par la participation du relais masculin 4x400 mètres, une première dans l’histoire de l’athlétisme marocain.

Dans les autres sports individuels, un colosse émerge du lot. Le judoka Benkassou Tijini, qui fut également international marocain en rugby, épate les observateurs par sa puissance hors du commun. Il n’est pas gâté par le tirage au sort qui le met aux prises au géant néerlandais Wim Ruska (- 93 kilogrammes). Ce dernier, qui devient le premier double champion olympique de l’Histoire en judo (-93 kg et open), ne laisse aucune chance à l’enfant d’Oujda. Un an plus tard, Benkassou Tijini prend sa revanche en remportant l’or aux Jeux Panafricains de Lagos.

Le football s’invite pour la seconde fois aux Jeux Olympiques. Après une victoire historique à Bamako (4-1), les Marocains se qualifient haut la main pour les Jeux de Munich. Ils franchissent le premier tour après une victoire éclatante sur la Malaisie (6-0). Les coéquipiers de Hamid Hazzaz subissent ensuite la loi des Danois de la star montante Alan Simonsen, mais également celle de la Pologne et d’une URSS menée de main de maître par le virtuose Oleg Blokhine (Dynamo Kiev).


Ils ont marqué les JO


Samsam Lahcen Akka, le « Hercule marocain »

Huit ans après avoir participé aux JO de Tokyo, Lahcen Samsam Akka souhaite faire du stade olympique de Munich le théâtre de sa consécration. Il est vrai que le moral du champion marocain est au zénith. Quelques mois seulement avant le début des JO (6 mai 1972), Lahcen Samsam Akka bat le record du Maroc du lancer de poids à San José en réalisant une performance de 20,45 mètres. Le record du monde de l’époque est détenu par l’Américain Randy Matson (21,78 mètres).

Le colosse marocain, médaillé d’argent aux Jeux Méditerranéens d’Izmir (1971), fourbit ses armes du côté de San José (Etats-Unis). Son compagnon d’entraînement n’est autre qu’Al Feuerbach, qui se distinguera un an après les Jeux Olympiques en battant le record du monde du lancer de poids.

Surnommé « big simba » par les médias américains en référence à sa force légendaire, Lahcen Samsam Akka se qualifie pour la finale du concours de lancer de poids à Munich. Il aurait même pu prétendre à une place parmi les 8 premiers s’il avait réalisé un niveau de performance similaire à celui de son record du Maroc.


Ahmed Faras, le « buteur inné »

L’attaquant du Chabab Mohammédia aura marqué de son empreinte l’Histoire du football marocain. Son palmarès international est en effet impressionnant. Vainqueur du ballon d’or en 1975, Ahmed Faras participe aux phases finales de la Coupe du Monde de football en 1970 et brandit le trophée africain en 1976. Sa participation aux JO de Munich enrichit un peu plus une carrière en tous points exemplaire.

Cette année là, Ahmed Faras est assoiffé de revanche. En février 1972, il est en effet l’un des héros malheureux de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Cameroun. Certes, il inscrit les trois buts marocains lors de la compétition, synonymes de matches nuls face au Soudan (1-1), au Congo (1-1) et au Zaïre (1-1). Ironie de l’Histoire, les Marocains sont éliminés au premier tour après un tirage au sort qui sourit aux Congolais, futurs vainqueurs de la compétition.

Sous les yeux d’observateurs séduits par la spontanéité et le sens du but du joueur marocain, Ahmed Faras conduit la première équipe marocaine en sport collectif à se qualifier au second tour des Jeux Olympiques, se permettant même le luxe d’inscrire un triplé face à la Malaisie en l’espace de six minutes (19e, 24e et 25e minute).

Le second tour de la compétition est un véritable parcours du combattant pour Ahmed Faras, impuissant face à l’impressionnante armada d’Europe de l’Est conduite par les Polonais, futurs champions olympiques mais également par les Soviétiques, qui remportent la médaille de bronze à Munich.

Une nouvelle génération de joueurs, celle des Tazi, Zahraoui, Larbi et consorts, pointe désormais du nez. Elle atteindra son apogée quatre ans plus tard à Addis-Abeba (1976) en offrant au Maroc son premier titre africain. Le maître de cérémonie n’est autre qu’un certain Ahmed Faras…





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