1976

JO 1976 : L’année du boycott

Aperçu général

Les Marocains ne garderont pas un souvenir impérissable des Jeux Olympiques de Montréal. La délégation marocaine ne participe en effet qu’aux premiers jours de compétition, avant de se retirer en même temps que l’Egypte, la Tunisie et le Cameroun. Les quatre pays rejoignent ainsi les 24 autres nations africaines qui décident de boycotter les Jeux de Montréal pour protester contre la présence de la Nouvelle-Zélande. Il est en effet reproché à cette dernière d’avoir envoyé son équipe de rugby en Afrique du Sud, où sévit à l’époque le régime d’Apartheid.

Le football aurait pu se distinguer en se qualifiant pour la 3e fois au grand rendez-vous olympique. Sans succès. Bien que transcendés par le sacre africain acquis de haut lutte en Ethiopie (1976), les coéquipiers de Hamid Hazzaz sont éliminés par les Green Eagles du Nigéria au stade Marshan à Tanger en se montrant incapables de remonter le handicap de deux buts du match aller.

La participation marocaine aux Jeux Olympiques n’est pas significative en raison du boycott africain. Les quelques sportifs qui prennent part aux premiers jours de compétition n’abordent pas leurs épreuves dans les meilleures conditions psychologiques. Seuls le boxeur Abderrahim Souihi et les lutteurs Mohamed Karmous et Ali Lachgar parviennent en effet à remporter au moins au victoire. Toutefois, nos représentants rentrent très rapidement au pays, parfois en plein milieu de compétition, en guise de solidarité africaine. L’Histoire retiendra tout de même que le boxeur Abdellatif Fatihi (-81kg) eut le privilège d’affronter Leon Spinks, la grosse révélation des Jeux Olympiques. Deux ans plus tard, l’Américain devient champion du monde en boxe professionnelle en prenant le dessus sur le légendaire Mohammed Ali !

Ils ont marqué les Jeux Olympiques

 

Ali Lachgar, « le battant »

 

Deux lutteurs marocains sont à l’honneur à Montréal et ce, pour l’ensemble de leur oeuvre. Mohamed Karmous, médaillé d’argent aux Jeux Méditerranéens d’Izmir (1971) en lutte gréco-romaine, devient en effet le premier sportif marocain de l’Histoire à participer à trois Jeux Olympiques consécutifs (1968, 1972 et 1976).

Pour sa part, Ali Lachgar est l’une des stars montantes du sport national. Elu deuxième meilleur sportif marocain de l’année derrière le nageur Chadly Wahbi (1974), l’enfant de Khouribga espère améliorer sa performance des Jeux de Munich où il s’était classé parmi les16 meilleurs spécialistes dans la catégorie des moins de 57 kg.

Ironie de l’Histoire, il quitte les Jeux de Montréal sur une victoire, acquise face au Portugais Grillo. Lachgar est en effet contraint à l’abandon dès le premier tour pour cause de blessure. L’élan de ce champion à la combativité légendaire est brisé, au grand dam des admirateurs de ce compétiteur né qui va offrir au Maroc une pléiade de médailles tout au long de sa carrière : argent aux Jeux Méditerranéens (1975, 1979 et 1983), or dans de nombreux championnats d’Afrique (notamment en 1972 et en 1982), or aux Jeux Panafricains (1979)… 

Huit ans plus tard, Ali Lachgar rejoint Mohamed Karmous au palmarès en devenant le 2e lutteur de l’Histoire à participer à trois éditions des Jeux Olympiques (1972, 1976 et 1984). Il devient ainsi un bel exemple de sérieux et d’abnégation.




Vous êtes ici :