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JO 1996 : Du bronze au menu

 

La délégation marocaine

 

Douze ans après les Jeux Olympiques de Los Angeles (1984), la délégation marocaine largue les amarres pour Atlanta avec un effectif de 33 sportifs, engagés dans cinq disciplines.

Le peuple marocain fonde de gros espoirs sur les athlètes nationaux, qui remportent quatre médailles (3 argent et 1 bronze) un an plus tôt aux championnats du monde à l’air libre organisés à Göteborg (1995). Pari tenu. Nos champions s’adjugent en effet deux médailles de bronze grâce aux belles performances de Khalid Boulami (5000 mètres) et de Salah Hissou (10.000 mètres).

La moisson aurait même pu être plus abondante, n’eût été la malchance qui accable le tout jeune Hicham El Guerrouj (22 ans). Ce dernier chute dans la finale du 1500 mètres alors qu’il semble en mesure de prendre le dessus sur le triple champion du monde, l’Algérien Noureddine Morceli. Ce n’est que partie remise.

Sur les 14 athlètes engagés (hors marathon), dix représentants marocains atteignent la finale, dont sept se voient octroyer le diplôme olympique en terminant dans les huit premiers. Le Maroc réaffirme ainsi son appartenance au gotha de l’athlétisme mondial et surprend les observateurs par la richesse de son réservoir à champions.

Enthousiasmés par les prouesses des frères Achik lors de JO de Séoul et de Barcelone, les supporters marocains réclament un nouvel accessit olympique en boxe. Ils sont confortés en cela par les médailles de bronze remportées par Hamid Berhili et Mohamed Mesbahi aux championnats du monde amateurs organisés à Berlin (1995). Peine perdue. Le premier nommé mais également Hicham Nafil échouent en quarts de finale face aux représentants de la redoutable école d’Asie du Sud-Est.

 

Ils ont marqué les JO

 

Khalid Boulami, « un finish dévastateur »

Vice-champion du monde à Göteborg, Khalid Boulami fait partie des outsiders de la finale olympique du 5000 mètres, qui augure d’un mano a mano passionnant entre les trois représentants marocains et ceux du Kenya (3) et d’Ethiopie (2). 

Mais c’était sans compter sur l’émergence du surprenant Venuste Nyiongabo. Flairant le bon coup, le Burundais, médaillé de bronze au 1500 mètres des championnats du monde à l’air libre de Göteborg (1995), décide de monter d’un cran pour « fuir » une concurrence féroce, incarnée par l’Algérien Noureddine Morceli et le Marocain Hicham El Guerrouj.

La finale olympique du 5000 mètres à Atlanta s’annonce en effet des plus ouvertes, l’Ethiopien Haile Gebrselassie ayant décidé de faire l’impasse sur la distance pour se consacrer au 10.000 mètres.

Dès le début de la course, les Kenyans impriment un rythme d’enfer pour user leurs adversaires. Transcendé par le vivats du public local, l’Américain Bob Kennedy oppose une farouche résistance, entraînant dans son sillage les autres prétendants au titre. Il tente même une folle échappée à deux tours de l’arrivée. Sans succès.

L’heure de Venuste Nyiongabo a sonné. A un tour de l’arrivée, le Burundais prend le large et boucle les derniers 400 mètres en moins de 54 secondes. Il devient champion olympique comme l’avait été Said Aouita, autre spécialiste du 1500 mètres et du 5000 mètres, à Los Angeles.

Au prix d’un dernier 100 mètres de toute beauté, le Marocain Khalid Boulami dame le pion à Dieter Baumann, champion olympique à Barcelone, et termine finalement en 3e position. Il occupera la même place, un an plus tard, lors des championnats du monde à l’air libre organisés à Athènes.

 

Salah Hissou, la juste récompense

Il est parfois de ces injustices que seule une inadvertance coupable peut expliquer. A quelques heures de la finale olympique du 10.000 mètres, tous les observateurs ne parlent en effet que du duel tant attendu entre l’Ethiopien Haile Gebrselassie et le Kenyan Paul Tergat, double champion du monde de cross-country de l’époque (1995 et 1996).

Pourtant, Salah Hissou n’est pas un novice, loin de là. Un an plus tôt, il devient vice-champion du monde de cross long à Stellenbosch (Afrique du Sud) derrière le même Paul Tergat. Il échoue la même année au pied du podium lors du 10.000 mètres des championnats du monde à l’air libre organisés à Göteborg.

Le scénario du début de course prend une tournure surprenante, les Kenyans refusant d’assurer le tempo de crainte de servir les intérêts de Gebrselassie, le détenteur du record du monde. Les favoris sont aux aguets, le Marocain Hissou collant aux basques du nouvel empereur du fond mondial.

A cinq tours de l’arrivée, Paul Tergat porte une accélération foudroyante à laquelle seule Gebrselassie résiste. Les deux hommes se livrent un duel homérique, ponctué d’un dernier 100 mètres dantesque qui sourit à l’Ethiopien. Salah Hissou assure, quant à lui, l’essentiel en remportant la médaille de bronze. Mais le Marocain n’a pas dit son dernier mot.

Quelques jours plus tard, Hissou pulvérise le record du monde du 10.000 mètres au meeting Van Damme à Bruxelles dans le temps exceptionnel de 26’38’’08 et dépossède l’Ethiopien de son précieux sésame. S’en suivront d’autres distinctions qui en disent long sur le potentiel du champion marocain, qui devient notamment champion du monde du 5000 mètres en 1999 (Séville).




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